SArko: au regard des rapprochements qui se sont effectués par le passé entre les entreprises du Japon et de la France ; des projets de coopération industrielles à venir ; du dynamisme des relations entre la France et le Japon au niveau des échanges commerciaux mais également au niveau des investissements directs, nous pouvons constater ensemble que les objectifs du Club d’affaires franco-japonais sont atteints de façon très satisfaisante.
Votre Club permet en effet aux milieux d’affaires du Japon et de France de faciliter la compréhension que nos deux pays ont l’un de l’autre. C’est une enceinte essentielle pour le renforcement de nos liens. Aussi, je tiens à vous remercier au nom du gouvernement français pour votre disponibilité et pour votre dynamisme à participer et à faire fonctionner ce Club d’affaires.
Permettez-moi de profiter de l’occasion donnée aujourd’hui pour vous présenter l’une des priorités du gouvernement français, priorité qui m’a été confiée et qui consiste à améliorer l’attractivité de la France. Depuis 3 ans, plus de 125 mesures ont déjà été prises dans ce sens, dans le domaine fiscal, réglementaire ou du droit du travail. Les efforts dans cette direction vont se poursuivre.
Aujourd’hui la France occupe une bonne position en matière d’attractivité des investissements :
le bilan mondial 2005 de la CNUCED place la France en 4ème position en matière d’attractivité des investissements étrangers sur son territoire, totalisant 64 milliards de dollars, derrière le Royaume-Uni avec 165 milliards, les Etats-Unis (99 milliards) et la Chine (72 milliards) ;
cette année encore, la France maintient sa position dans le peloton de tête des pays récipiendaires : en cumulé entre 2002 et 2004, la France occupait le 3ème rang mondial et le 1er rang européen, après les Etats-Unis et la Chine ;
comme l’a déjà annoncé le président de l’AFII, Philippe Favre, ici présent, l’année 2006 devrait voir améliorer le score enregistré en 2005 avec plus de 660 projets d’investissement, représentant environ 33 300 emplois créés ou maintenus, décidés dans l’année par les entreprises internationales. Ces chiffres étaient déjà en progression par rapport à ceux des deux années précédentes ;
la France présente un des taux d’ouverture de son économie l’un des plus forts parmi ses pays homologues : plus de 18 000 entreprises étrangères et 2 millions de Français, soit 1 actif sur 7, travaillent pour des investisseurs étrangers,
les facteurs clefs de cette attractivité : qualité de la main d’œuvre française, environnement de première qualité sur un marché actif riche de 450 millions de consommateurs auquel elle offre un accès aisé par la qualité de ses infrastructures de transport notamment ;
L’observation de l’investissement japonais en France confirme ce constat :
la production représentait 36 % des emplois que les entreprises japonaises ont décidé de créer en France en 2005, notamment dans le secteur automobile qui regroupe entre un quart et la moitié des nouveaux emplois créés chaque année par les entreprises japonaises en France ;
400 entreprises japonaises sont installées en France, ce qui représente un emploi de 60 000 personnes sur environ 650 implantations. Chaque année, les entreprises japonaises décident la création d’environ 1500 nouveaux emplois en France. Le secteur numéro un demeure l’automobile suivi des TIC mais de nombreuses entreprises japonaises ont également choisi la France pour leurs activités dans les domaines de la santé, biotechnologies, agroalimentaire, industrie, machines outils ;
Je voudrais maintenant m’arrêter quelques minutes sur l’évolution de l’environnement des affaires au Japon et vous demander votre aide
je me réjouis que la révision du Code du Commerce japonais, entreprise en 2006, introduise la possibilité, pour des entreprises étrangères, d’investir dans le capital des entreprises japonaises par échange croisé d’actions.
Néanmoins, cette révision ne pourra être considérée comme totalement satisfaisante que si elle s’accompagne d’une harmonisation de la réglementation fiscale applicable aux entreprises japonaises et étrangères (mécanisme de report de l’imposition sur la plus-value même quand l’acquéreur est une entreprise étrangère) et si elle est exempte de restrictions sur les entreprises étrangères (obligation que la filiale japonaise soit une filiale à 100% de la maison-mère ou qu’elle soit cotée sur le marché japonais).
à ce titre, les récentes positions prises par le Keidanren préoccupent les milieux d’affaires français et européen. La pression, naturelle puisque c’est sa mission, du patronat japonais exerce sur le gouvernement et les parlementaires japonais peut conduire à empêcher les prises de participation de sociétés étrangères alors même que le Japon s’est fixé comme objectif d’augmenter de manière importante les investissements étrangers reçus.
En retour, que fait la France ?
La directive de la Commission Européenne N°2004/25/CE, relative aux offres publiques d’achat, a été transposée en droit français par une loi du 31 mars 2006 et par un arrêté du Ministre de l’économie, des finances et de l’Industrie daté du 18 septembre 2006 et modifiant le règlement général de l’Autorité des Marchés Financiers en. Avec la transposition de la directive OPA, le régime, dont pourrait s’inspirer le Japon, est le suivant :
les sociétés cotées dans l’Espace économique européen (EEE) ne sont plus soumises à aucune contrainte ;
pour réaliser une OPE, les sociétés étrangères hors EEE doivent proposer une « option en cash » aux actionnaires de la société cible : cette option permet aux actionnaires d’avoir une alternative s’ils ne souhaitent pas posséder des titres de la société mère non cotée en France. Elles n’ont donc plus l’obligation d’être cotées à Paris.
Votre club d’affaires est la preuve vivante que le Japon et la France ont tout à gagner au renforcement de leurs relations économiques : vous pourriez parler au Keidanren, au Gouvernement afin que la loi soit appliquée sans restriction.
Au-delà, je me réjouis des nombreux sujets sur lesquels les gouvernements japonais et français sont en accord, comme :
la protection de la propriété intellectuelle, vitale pour nos entreprises et nos emplois
le développement des campagnes : nos deux pays sont fiers de leur agriculture
la qualité de l’alimentation puisque la cuisine française et la cuisine japonaise partagent le souci de la qualité, le respect des goûts et des saveurs, la passion du travail bien fait, la priorité donnée au plaisir du convive.
C’est donc dans cet esprit de partage et de communion que je nous souhaite à tous une très bonne journée.
(Dans sa tête: j'espère qu'on va bien les niquer ces kamikazes à la mords moi le noeud)